Article dans l’Est Républicain (3/2/15)

Article

3 February 2015 @ 14:12|

(English) Mouth Breathing During Exercise May Increase Your Risk for Asthma and Cardiac Problems (By Dr. Mercola)

Désolé, cet article est seulement disponible en Anglais Américain.

28 December 2013 @ 13:17|

« Comment fonctionne et s’articule un cours de Systema? »

par Fabien Fèvre

Un cours d’arts martiaux ne s’improvise pas. Un cours se constitue d’un échauffement progressif, puis plus spécifique orienté vers le travail de la séance, pour arriver au corps du cours et ses différents ateliers, et terminer par un retour au calme. Ce qui se traduit pour le professeur par une prise en main du groupe, une mise en train, le thème du cours et ses objectifs, et enfin le retour au calme et bilan de séance.

Début d’un cours

A la différence d’un échauffement à proprement parler, un cours de Systema débute par des exercices de centrage. Les exercices de respiration proposés apprennent au pratiquant à se concentrer. A prendre conscience de ses tensions internes par la respiration et à découvrir des zones plus tendues que d’autres dans l’instant présent. Par les exercices de respiration proposés (inspiration, expiration, apnée), le pratiquant prend conscience des cycles respiratoires, qui se font inconsciemment au quotidien. Il peut ainsi prendre conscience des moments de la vie quotidienne où l’on bloque notre respiration (lorsqu’on se concentre sur quelque chose, lorsqu’on fait notre lacet, lorsqu’on s’assoit sur une chaise, lorsqu’on apprend une nouvelle déstabilisante) et pas uniquement dans une situation de confrontation. Lors de ces moments d’apnée, inconsciemment nous augmentons notre pression artérielle. Nous nous mettons « sous pression ». Conséquence : nos gestes sont dénaturés, plus saccadés, moins fluides, nos paroles s’accélèrent, le calme laisse place à l’agitation.

C’est pourquoi les exercices proposés (tels que les basiques : squats, élévation de buste, levers de jambes, poussées des bras) s’accompagnent toujours de la respiration. « Inspirer-expirer » rythme nos mouvements, ainsi chaque contracté-relâché s’accompagne d’une respiration consciente ou d’une phase d’apnée volontaire pour recréer une situation d’inconfort.

Exemple: On isole certaines parties du corps en les contractant à l’inspir, et en les relâchant  à l’expir, ou l’inverse. Pendant qu’une partie du corps est contractée, le reste du corps reste relax. On apprend ainsi à mettre notre intention dans la contraction ou le relâchement, et à prendre conscience de notre corps dans l’espace.

La relaxation recherchée permet de débuter le cours le corps détendu et en éveil, apte à réagir plus sereinement dans l’instant.

Approche graduelle

Quel que soit le thème du cours (apprendre à chuter/rouler, frapper, évoluer au sol, faire face à plusieurs adversaires, utiliser un couteau ou un bâton) l’approche se fait progressivement.

Exemple: apprendre à chuter se fait de manière autonome, on commence par des exercices assis par terre, notre « rez-de-chaussée », puis on monte d’un étage, à genoux, puis accroupis, en squat, jusqu’à se tenir debout et être capable de descendre s’allonger au sol en douceur.

Cet éducatif évolue avec partenaire(s) et doit se faire de manière ludique pour ne pas augmenter la peur de tomber, peur avec laquelle on est né.

Le Systema offre une créativité infinie quant à l’invention d’éducatifs. Le professeur peut laisser libre cours à son inventivité, pour son plaisir et celui des élèves. Inventivité occasionne adaptabilité. Rien n’est figé.

Il n’y a pas de code ou de façon stéréotypée de chuter/rouler et de faire chuter ou amener le partenaire au sol, si ce n’est avec respect et bienveillance. Il s’agit avant tout d’un travail sur soi… et sur l’autre.

Peur de contact

L’intrusion d’une personne inconnue dans notre espace vital peut être dérangeant, susciter des tensions internes (au niveau viscéral, musculaire et tendineux avant même que cela soit conscient, on se crispe) et occasionne même une gêne respiratoire. Les réactions, verbales ou physiques qui en résultent sont dictées par le stress, on parle d’ailleurs de « réaction épidermique ».

Cette gêne est liée à une peur profonde, qui éveille des émotions comme la colère qui nous « met hors de nous ». Toucher et être touché fait partie du travail d’acceptation. Accepter d’être touché en restant détendu permet de monter les étages (tout comme pour les chutes) graduellement, puis d’accepter d’être poussé, frappé légèrement puis plus profondément. L’acceptation des coups révèle nos propres peurs et ne peut se faire qu’avec une respiration correcte (voir exercices de début de cours).

Un travail d’écoute

Que ce soit pour travailler sur la structure du partenaire et l’amener au sol en le manipulant, ou pour apprendre à frapper et être frappé, « donner et recevoir » doit se faire en écoute de soi et de l’autre. Bienveillance et respect sont les maîtres-mots pour ne pas dépasser le seuil de tolérance du partenaire. Lors d’un éducatif, chacun doit apprendre quelque chose, c’est un travail coopératif.

Attention aux pièges de l’ego.

Vouloir montrer à l’autre et à soi-même à quel point on est fort apporte un sentiment de satisfaction qui est un écueil qui nous guette tous. C’est en cela aussi que le Systema nous invite à nous découvrir nous-même. Poznai sebia, autre nom donné au Systema, signifie en russe « Connais-toi toi-même ». Vouloir montrer que l’on sait est souvent une manière de masquer une faiblesse. Au pratiquant attentif et conscient d’aller voir derrière le masque.

L’écoute de l’autre – tant interne qu’externe – nous renvoie à nous-même, permet de progresser sur nos propres ressentis et nous apprend à être à l’écoute de nous-même.

Communiquer : importance du feed-back

Contrairement à d’autres disciplines martiales où le silence est de rigueur, en Systema les partenaires échangent sur leur ressentis dans l’instant. Ceci permet un retour constant sur les sensations de l’autre et les nôtre. Nous prenons conscience de ce que nous créons en poussant ou manipulant le partenaire, en nous déplaçant, faisant chuter ou  en frappant.

C’est un aller-retour ininterrompu entre notre création et la réaction de l’autre qui crée à son tour une réaction en nous.

Exemple: l’exercice de « tirer-pousser » est très subtil dans sa réalisation et le débutant est rapidement déconcerté de ne pas « réussir ». Nos habitudes nous ont appris à réagir de la « bonne » façon en appliquant des techniques, sans laisser place à la spontanéité, qui enseigne davantage la façon « juste » de  réagir. Pas à pas les pratiquants créent un flux continu de mouvements, en  interaction constante.

Il s’agit d’un exercice de lâcher-prise, de relâchement mental et corporel, qui invite le pratiquant à aller dans le sens du courant. On peut alors communiquer verbalement et par le corps. Le feed-back est immédiat et l’application martiale de cet éducatif peut s’avérer redoutablement efficace.

2 December 2013 @ 16:13|

Article sur Systema France sur le blog combat du Monde

Le systema, un sport classé secret (self) défense

Journaliste au Monde, Emmanuel Versace a testé le systema, art martial russe réservé aux forces spéciales du temps de l’URSS. Un conseil de son maître, Jérôme Kadian, face à un adversaire trop costaud ? Partir en courant…

L’instructeur Jérôme Kadian dispense un cours de systema à la Maison de l’Arménie, lundi 21 octobre à Paris. Reportage photo: Florent Bouteiller

Si la trilogie « Matrix » des frères Wachowski – désormais frère et sœur – n’était pas un fantasme hollywoodien, oseriez-vous suivre le lapin blanc ? Ne cherchez pas plus loin, la pilule rouge s’appelle « systema ». Rien d’illégal, rassurez-vous, le systema est un art martial russe, et après un simple cours, vous vous prendrez pour le héros de la saga interprétée par Keanu Reeves. Non, pas dans le rôle de Thomas A. Anderson, geek australien, informaticien le jour et hacker la nuit. Vous serez Neo, « the One », « l’Elu ». Votre respiration ne sera plus un fardeau pour votre enveloppe charnelle, vous anticiperez l’agent Smith de votre quotidien une fraction de seconde avant qu’il ne vous porte un coup d’épaule dans les transports en commun. Enfin, qui sait, peut-être sauverez-vous la race humaine de la matrice, plus communément appelée « stress au travail » ? Si vous êtes perdu, lecteur, il est temps de regarder l’un des chefs-d’œuvre de science-fiction des années 2000. Les autres, je vous propose de rencontrer Jérôme Kadian alias « Morpheus », maître de l’école Systema France à Paris.

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1 November 2013 @ 10:33|

Systema: Apprentissage et temps de réaction neurologique

Par le Docteur Andrea Bisaz

Le temps de réponse à une attaque donnée est un facteur déterminant dans les arts martiaux. Comme vous le savez différents paramètres agissent sur le temps de réponse. Une action appropriée est cruciale pour terminer heureusement une rencontre avec un adversaire.

Les multiples disciplines de combat ont intégré des stratégies variées afin de gagner du temps sur leurs opposants.

Une approche commune utilisée par de nombreux professionnels tels que le Swat team, les forces spéciales etc, consiste en une poignée de techniques génériques basées sur les capacités motrices primaires. L’idée derrière cette approche est :

Premièrement de décroître le temps de décision mental et par conséquent de réduire le temps de réaction à une attaque donnée.

Secundo, les capacités motrices permettent d’agir même sous stress.

Bien que la réponse cérébrale à une attaque physique soit très complexe et variée, il existe un aspect intrigant dont j’aimerais vous faire part. Cela vous aidera à comprendre l’approche subconsciente (Systema) du temps de réponse opposée au choix conscient mentionné auparavant.

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14 February 2013 @ 13:46|

« Les coups. Prenez-les ou regrettez-les… » par Vladimir Vasiliev

Une interview de Vladimir VASILIEV réalisée par un de ses élèves

Traduit par Alexandre Jeannette

Nous avons entendu dire que votre prochain livre porterait sur les frappes. Un des sujets couverts par le livre concerne la capacité à encaisser les coups. C’est un sujet intéressant pour n’importe quelle personne qui étudie les arts martiaux, la self-défense ou la psychologie. Dans les entraînement de Systema cette aptitude est très importante et on consacre beaucoup de temps à son apprentissage. Pourquoi cela ?

« Pourquoi étudier cela » demandez-vous, mais quand ils sont frappés les pratiquants demandent également « Pourquoi moi ? ». Il y a deux raisons qui justifient cet entraînement. La première est clairement pratique, la seconde, qui est sous-jacente, est psychologique.

Aussi doué soit-il un combattant est parfois touché. Il y a des coups que vous ne voyez pas venir, les plus plaisants peuvent arriver par derrière, sans prévenir et d’autres peuvent être plus puissants que vous ne l’imaginiez, comme lorsque vous êtes frappé avec un objet ou une arme.

Dans mon expérience des arts martiaux et de leurs pratiquants, les combattants essayent d’éviter les coups et d’être les premiers à frapper, en apprenant à esquiver et à bloquer. Mais ils expliquent rarement comment gérer le coup que vous venez de prendre.

Une des approches possibles est de supporter la douleur, d’endurcir délibérément le corps et d’en renforcer certaines parties. En dehors de l’aspect destructeur de ces pratiques, leur utilité se limite à des coups visibles et anticipés. Mais que se passe-t-il dans le cas où vous n’avez pas vu le coup arriver ou si vous étiez en mouvement ? Dans ce cas vous aurez besoin d’un autre type de relaxation musculaire.

J’ai pu constater comment un coup de poing inattendu peut provoquer chez un pratiquant d’arts martiaux expérimenté un état de désorientation, de choc, de panique, de ressentiment et nombre d’émotions contre-productives. De plus je n’ai jamais vu quelqu’un capable d’éviter tous les coups dans un exercice de mass attack ou une mêlée. Vous pouvez le vérifier par vous-même avec un groupe de 10 combattants ou plus.

Voici un exemple typique que j’ai pu voir de nombreuses fois à l’entrainement. Un nouvel élève arrive, un gars costaud, un pratiquant d’arts martiaux expérimenté. On commence un exercice de mass attack où tout le monde se réunit au centre de la salle et se frappe copieusement. Immédiatement le nouveau se prend un coup à la tête, il se retourne pour trouver le coupable et le frapper en retour. A ce moment il prend un coup de l’autre côté, et alors que la colère s’accumule il se tourne à nouveau prêt à frapper le responsable. Bien entendu il est aussitôt frappé du côté opposé. Il tournait sur lui-même comme un bon sac de frappe. Il a finalement réalisé que rendre coup pour coup dans un mass attack n’est pas possible. Il a expiré et s’est mis à frapper ceux qui se trouvait à proximité sans viser ceux qui l’avaient frappé.

Malheureusement, la plupart d’entre nous ont une réponse instinctive : lorsque nous sommes touchés nous voulons immédiatement frapper en retour. Cela est causé par notre amour-propre. L’entraînement Systema qui consiste à prendre des coups est un travail sur notre ego.

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6 February 2013 @ 14:01|